vendredi 17 octobre 2008

Un peu de technique pour ceux que ça intéresse

Céline est née atteinte d'une cardiopathie congénitale assez rare, appelée Tétralogie de Fallot ou dans le langage courant "maladie bleue". Cette maladie provoque des cyanoses, et, sans opération chirurgicale, elle laisse aux enfants qui en sont atteints une espérance de vie d'une dizaine d'années. Elle associe plusieurs malformations du coeur. Céline a été opérée à l'âge de neuf mois pour réparer deux d'entre elles : la communication inter-ventriculaire et la mauvaise position de l'aorte.

Cependant, son anneau pulmonaire n'a pas été sectionné, et elle a très bien toléré la sténose, au prix d'un souffle au coeur suffisamment fort pour qu'il en soit pas nécessaire d'un stéthoscope pour l'entendre. Elle était même plutôt sportive quand elle était petite, avant que sa vie professionnelle lui fasse abandonner toute activité dans ce domaine.

Dès son plus jeune âge, le cardiologue qui la suivait nous avait informés de la perspective de la ré-opérer pour lever le rétrécissement au niveau de l'anneau pulmonaire. Cependant, il y a un an et demi, l'équipe de Necker a tenté un cathétérisme pour lui éviter cette deuxième opération à coeur ouvert, en essayant d'introduire un ballonnet et de le gonfler pour élargir son anneau pulmonaire.

Cela ne s'est pas révélé possible, et Céline ayant fait deux malaises tachycardiques cette année, il a été décidé de l'opérer sans attendre davantage, pour ne pas fatiguer inutilement son coeur qui doit compenser la sténose pulmonaire. Le professeur Raisky, chirurgien de Necker qui va l'opérer a été on ne peut plus clair : "ou on vous opère dans les six mois, ou vous allez mourir".

Deux possibilités existent, qui ne seront mesurables que lors de l'intervention : soit on doit effectivement lui sectionner l'anneau pulmonaire et donc lui poser une valve artificielle - pour éviter les fuites - soit il suffit de lever les sténoses qui se situent au-dessus et au-dessous de l'anneau ; dans ce dernier cas, elle devrait être tranquille, avec un simple suivi de contrôle cardiologique annuel ; dans le premier, la valve devra être changée tous les 15 ou 20 ans.
Le professeur Latrémouille, chirurgien de l'hôpital Pompidou qui va opérer avec le professeur Raisky, nous a laissé entendre que le remplacement de la valve pouvait se faire aujourd'hui grâce à un cathétérisme et ne nécessitait plus forcément une nouvelle opération à coeur ouvert.

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